Éditorial n°17

En art, tout est question de perception. Certes, la formule est clichée, mais elle n’est pas fausse pour autant. L’étude de l’histoire de l’art nous apprend à reconnaître les pratiques, les médiums, les styles et les courants artistiques; elle nous apprend aussi à problématiser, argumenter, analyser et comparer les moindres soubresauts de l’art. Malgré ce désir de donner à la discipline un côté plus scientifique par l’élaboration systématique de théories et de stratégies d’analyse, il n’en reste pas moins que l’étude de l’art dépend avant tout de la manière dont l’œuvre est perçue individuellement.

Dans ce numéro, vous trouverez quelques commentaires d’exposition dans lesquels les auteurs adoptent une position plutôt personnelle, tout en restant critiques. Ainsi, l’exposition à caractère politique de David M. C. Miller nous est présentée en fonction des possibilités qu’offre le médium photographique et de l’influence qu’il a nécessairement sur l’interprétation des œuvres. Un autre commentaire d’exposition, cette fois sur Eija-Liisa Ahtila, nous décrit les œuvres vidéographiques de l’artiste à travers un regard teinté de musicalité.

Ex_situ vous offre aussi dans ce numéro deux textes plus soutenus portant sur des thématiques bien différentes. Un premier essai, prenant pour sujet la photographie, nous mène habilement d’un questionnement vers un autre sur l’impossibilité de ce médium à rendre compte d’une réalité strictement objective. L’essai suivant nous propose une analyse du militantisme féministe de l’artiste Ana Mendieta par la réappropriation de déesses dans ses œuvres.

Ne manquez surtout pas le portfolio central de la revue qui est dédié cette session à Cynthia Pinel, lauréate du concours de la page couverture. À la fois douces et complexes, les œuvres de cette étudiante en arts visuels et médiatiques nous font entrer dans un univers de détails construit méthodiquement. Chaos ou ordre, à vous d’en juger. L’équipe a rencontré l’artiste pour en savoir plus sur sa démarche artistique.

perception subjective de ses auteurs, il va de soi que les discours s’accordent, se croisent ou encore se confrontent. C’est précisément ce qu’Ex_situ désire offrir à ses lecteurs : des écrits à la fois théoriques et originaux sur l’histoire de l’art qui entrent en dialogue, sans la présence d’une thématique précise. Ex_situ appartient au lecteur et c’est à lui d’en décider le contenu. À ce titre, j’aimerais remercier au nom de l’équipe tous les auteurs du présent numéro pour leurs propositions de textes et la qualité de leurs approches analytiques.

Bonne lecture.

Christine Lefrancq

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