Savoir valoriser la relève, découverte de l’artiste Simon Morin-Plante. L’artiste entrepreneur

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Rhodopsine 0.72,  Acrylique et peinture polymère réactive au Ultra-Violet sur merisier, 12.8 x 17.8 cm, Épreuve photographique numérique monochrome, www.marlonstudio.com,  Tous Droits Réservés Marlon 2013

Au Québec, les coupures dans la culture et dans le monde artistique font beaucoup jaser les travailleurs culturels mais aussi les artistes qui se tournent vers l’entrepreneuriat pour assurer une rentabilité. L’accès aux bourses, aux musées et aux lieux de diffusions artistiques est difficile pour l’artiste si celui-ci ne possède pas de formation en marketing ou en entrepreneuriat n’est pas incluse dans le parcours de l’artiste. Pour l’artiste Pascal Normand : « Prendre mon art sous un aspect entrepreneurial, cela m’a vraiment permis d’augmenter mes ventes et donc de vivre de façon correcte de mon art »[i]

En effet, des outils sont offerts aux artistes dont l’organisme SAJE[ii] des accompagnateurs d’entrepreneurs qui offrent des services-conseils, des ateliers spécialisés, du coaching et de la formation. Le directeur du SAJE affirme que près de 10% sur les 850 entrepreneurs, qui suivent des cours au SAJE, sont des artistes[iii].

Les artistes de la relève ont beaucoup à faire pour se faire connaître du milieu artistique, les outils administratifs et promotionnels sont parfois complexes et fastidieux.

L’occupation artistique au Québec s’avère d’être une activité professionnelle à part entière. Plusieurs personnes du milieu, il eut un changement de la place de l’artiste dans nos sociétés et dans un contexte économique où celles-ci sont de moins en moins enclines à subventionner l’art et la culture.  D’après Marc Moura, directeur de SMartBe, la situation conduit à de nouvelles méthodes de travail dont l’entrepreneuriat:

« (…) les systèmes de subventionnement public ont fait de l’État le premier bailleur de fonds de la création. Or, les artistes d’aujourd’hui se trouvent de plus en plus confrontés à la nécessité de trouver d’autres sources de financements pour leurs productions. Cette nouvelle donne induit dans leur chef de nouvelles manières de penser leur travail. Ils se voient obligés d’acquérir des compétences inédites qui, la plupart du temps, ne leur ont pas été enseignées dans le cursus académique ». [iv]

L’artiste doit donc trouver de nouvelles idées et des stratégies pour exposer son art, il doit porter le costume de l’homme d’affaire pour créer des propres perspectives d’emploi. C’est le cas de l’artiste Simon Morin-Plante sous la signature de Marlon, qui suit actuellement des cours en Histoire de l’art à l’UQAM pour répondre à ses questions sur le marché de l’art et aussi sur la légitimité de sa démarche artistique.

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Simon Morin-Plante alias Marlon, Crédits photo : Caroline Champoux, photographe

Marlon est un artiste qui a d’abord commencé son parcours académique sur la scène  en 2007, au Conservatoire Lassalle de Montréal en Art d’interprétation et se démarque par ses mises en scène et par ses textes qui abordent des sujets peu exploités telle la dépression. Malgré son affection pour la scène et le cinéma, l’artiste décide de se réorienter au domaine de l’art visuel, sa première force. Admis à l’Université du Québec à Montréal en Histoire de l’art en 2010, qu’il aura déjà compté plusieurs expositions solos et de groupe, au Québec. Son œuvre se caractérise par une grande diversité de  champ pictural : Peinture, sculpture, installation, gravure, estampe, et phase de recherche.

L’attribution de bourses et les expositions ne sont pas une garantie de réussite selon l’artiste, Il faut toujours se prouver et se valoriser en tant que personne et aussi les œuvres d’art. La conquête du milieu de l’art est toujours à faire et à refaire, l’artiste est présentement en  recherche d’outils et de conseils pour exposer ou simplement présenter son travail.

On lui a d’ailleurs posé la question quel est le rôle de l’artiste? Est-il un travailleur au même titre que les autres?

Marlon : « Quand tu es artiste, tu as une responsabilité envers la société auxquelles tu appartiens, envers les gens qui te suivent, les collectionneurs aussi. Et cette responsabilité se résume à faire arrêter les gens quelques instants dans un microscope de temps donné que l’artiste tente d’illustrer au moyen divers pour arriver à son discours. Ma responsabilité à moi, elle est là, je me dois de questionner sur un sujet, un thème et ainsi faire des propositions. Pour cela, bien… il faut de l’argent, afin que l’idée puisse naître et arriver à terme.»[i]

Vous êtes présentement en production d’un court métrage sur votre production artistique, en quoi produire ce court-métrage va aider ta carrière d’artiste?

Marlon :  « Certains croient déjà que ce court-métrage est simplement un coup de publicité pour mettre en valeur ma personne ou le fait que je peux par le biais du film devenir une personnalité connue ou pour faire augmenter les ventes de mes œuvres . Moi je crois tout le contraire. J’ai jamais peins pour peindre. J’ai toujours peins car j’en avais besoin. C’est viscéral, ça s’explique difficilement. Je ne suis pas intéressant quand je peins. Je suis la personne la plus normal qui existe. Quand je peins, je dois m’oublier (…) Cependant, je remarque que depuis 2 à 3 ans que j’ai une voix, une voix de plus en plus forte, une visibilité, et j’ai la responsabilité de porter cette voix pour le bien des arts visuels et médiatiques et pour ceux et celles qui leur voix et moins forte. »[ii]

Par sa propre initiative, l’artiste fut membre du regroupement des artistes en arts visuels du Québec RAAV et en participant à de nombreux appels de projets et de dossiers, il fut récipiendaire d’une bourse de soutien 2013 du Ministère de la Culture et des Communications et d’une bourse de soutien 2013 de la députée de Pointe-aux- trembles.

Il fut également finaliste et première place sous la sélection et membres du jury de La société francophone des arts visuel de l’Alberta. (2014)​

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Exposition Quantum, 2013, Crédit photo Caroline Champoux, photographe.

En 2013, Simon Morin-Plante eut l’idée de produire un film sur la série Quantum, le deuil qui espère être présenté lors de la prochaine édition du festival international du film sur l’art, FIFA en 2014. Afin de promouvoir son travail et sa démarche, une première pour un artiste de la relève artistique québécoise.

D’ailleurs  «Ce film se veut un portrait d’un artiste en art actuel qui tente de mettre en lumière sa démarche et son travail pictural et les embûche du monde de l’art visuel aujourd’hui.[i]»

MANDAT DU COURT MÉTRAGE

Ce film portera sur notamment, la recherche d’identité, le deuil, l’échec et la difficulté de communication verbale pour l’homme de sa génération. Il travaille en série et cette méthode lui permet de toujours reconduire à une nouvelle étape de matérialité.

L’œuvre de Simon Morin-Plante ( alias Marlon) est à la fois très personnelle pour l’individu qui le regarde, mais aussi tributaire du monde social. Il fait également le constat hérétique du reflet de la société de son époque qu’il transpose dans un langage visuel singulier. L’œuvre de l’artiste est reconnue pour le débordement contrôlé ou non-contrôlé de la matière, résultant à un rapport de tension et d’espace. L’exploration méthodique de sa phase de recherche, des expérimentations longues en atelier est ce qui caractérise également l’œuvre de Marlon.

Vous pouvez prendre connaissance de son nouveau travail d’estampe/lithographie sur matrice en argile sérigraphie dans l’exposition collective L’éloge du peu,  dès le 23 août 2013,

Cette exposition réunit 20 artistes  qui comporte des œuvres abstraites ou figuratives, réalisées avec des médiums et des techniques artistiques variés, mais dont l’équilibre entre vide et plein fait comprendre les silences épurés. On y retrouve donc des œuvres à saveurs minimalistes dégageant de la simplicité, utilisant peu de choses pour exprimer sensibilité, calme et sobriété[1][ii].

Vernissage le 23 août prochain à la galerie L’espace contemporain au 5175 avenue Papineau  Montréal (Québec) de 17h30 à 20h00 Heures d’ouvertures de la galerie : Mardi & mercredi de 12h à 18h Jeudi & vendredi de 12h à 20h Samedi & dimanche de 12h à 17h

Article écrit par : Johanne Marchand, août 2013

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L’espace contemporain :  www.lespacecontemporain.com

Pour en savoir l’artiste Simon Morin-Plante consultez son site web : http://www.marlonstudio.com/#!home/mainPage

Voir la vidéo sur l’exposition du Deuil à l’espace contemporain : http://www.youtube.com/watch?v=-Il4fp_AZ6o Et les articles suivants : « Artistes émergents » Éditrice : Alizée Millot, Revue Ex Situ, no 22, (p.36) Avril 2013, – «Note d’atelier ailée au sulfure de cobalt » (extrait choisi) pamphlet de l’exposition L’éloge du peu, à la galerie Espace Contemporain, Publication Opium 48, 2013, – «Identité» 2012, Publication Opium 48, Catalogue d’exposition Montréal, Canada, 2012, 20 Pages. – «Les Paysages Avares» 2009-2012, Publication  Opium  48, catalogue d’exposition Montréal, Canada, 2012, 32 pages. – «Un parcours loin d’être abstrait» par Marie-Ève Tremblay, L’avenir de l’Est, octobre 2010. – «Portrait d’un homme» par Fanny Turgeon, Publications UQAM Communication, Septembre 2010.



[i] Ibid
[ii] Ibid

[i] Entrevue avec l’artiste Simon Morin-Plante alias Marlon, Johanne Marchand, juin 2013, enregistrement Mp3, 1h34min.
[ii] Ibid.

[i] Rachel Bastien, Des artistes montréalais se tournent vers l’entrepreneuriat : site web radio-Canada, 21 juillet 2012. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/07/26/012-artiste-saje-entreprenariat.shtml. Consulté le 15 août 2013.
[ii] Site web officiel SAJE : http://sajeenaffaires.org/
[iii] Ibid.
[iv] Collectif, Smart  société, L’artiste, un entrepreneur, Éd. Les impressions nouvelles, coll. Hors collection, novembre 2011, 408 pages,
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