Condos d’aujourd’hui, patrimoine de demain?

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(Condos à Montréal) Crédits photo : Alanah Heffez.

 

À propos: Ce texte d’opinion est le fruit d’une réflexion entamée lors de l’atelier C pour Condo qui s’est tenu au Centre Canadien d’Architecture en novembre 2012[1]. La recherche de statistiques et sources pertinentes qui auraient pu mettre en lumière certaines affirmations n’a pas eu les résultats escomptés. Par contre, selon les informations données par les organisateurs de l’atelier, Avenue 8 et Spacing Montréal, il y avait en moyenne 12 000 nouvelles unités de condos par année en moyenne à Montréal au moment de l’atelier.

Le développement du marché du condo à Montréal va bientôt atteindre un sommet;  il est depuis longtemps essentiel de réfléchir à l’impact du style architectural en vogue sur le patrimoine bâti présent et futur. En effet, la facilité avec laquelle nous pouvons identifier la décennie pendant laquelle un bâtiment fut construit implique que chaque vague de développement résidentiel crée sa marque dans le paysage urbain. Nous n’avons qu’à nous rappeler les fameuses briques roses et grises typiques des années 1990 pour comprendre l’impact des développements passés, notamment dans l’ouest du centre-ville. Tentons alors d’imaginer la signature que laisseront ces unités d’aujourd’hui aux générations suivantes.

Une question essentielle se pose: ces variations de briques beige et anthracite entrelacées de panneaux aux couleurs vives qui définissent si bien la présente vague de développement résidentiel anarchique jurent-elles avec le cadre bâti typique de notre évolution architecturale, allant des pierres aux briques? Au-delà des préoccupations concernant l’embourgeoisement des quartiers centraux tels que Rosemont, Saint-Henri, Hochelaga-Maisonneuve ou Villeray, ces structures résisteront-elles aussi bien aux temps et intempéries que leurs prédécesseurs? Quel sera le cachet d’un plex[2] de 2011, érigé entre deux triplex de 1924? Cedit immeuble, vivra-t-il le même dédain que nous avons envers les bâtiments érigés il y a une vingtaine d’années? D’ici cinquante ou soixante ans, vivra-t-il la même incompréhension que nous avons envers l’esthétique de l’architecture moderne? Finalement, allons-nous nous attacher et vouloir protéger, d’ici cent ans, ce reflet de notre passé, de la même façon que nous tentons de protéger la Maison Redpath[3] ou rétablir la crédibilité du Stade olympique[4] en tant qu’emblème architectural, plutôt qu’un fiasco financier?

Rebecca Blain Fortin, étudiante au certificat en histoire de l’art-blain.rebecca@gmail.com


[1] Centre Canadien d’architecture, C pour Condo, atelier, 17 novembre 2012 au CCA, Montréal. Site web: <http://www.cca.qc.ca/fr/education-evenements/1844-c-pour-condo&gt;.

[2] Ville de Montréal, «L’immeuble de type plex», in Ville de Montréal – Arrondissement Le Sud Ouest, En ligne, < http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=7757,86095731&_dad=portal&_schema=PORTAL>, consulté le 17 septembre 2013

[3]   Héritage Montréal, «Maison Redpath»,in Héritage Montréal, En ligne, 2006. <http://www.heritagemontreal.org/fr/maison-redpath-3/>, consulté le 11 septembre 2013.

[4] BASSIL, Soraya et Amélie DION, «Stade olympique de Montréal et installations connexes», in Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française, 2007.<http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-502/Stade_olympique_de_Montr%C3%A9al_et_installations_connexes.html#.UjD738ayCp0>, consulté le 11 septembre 2013.

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