Le pénis, une forme d’art?

The Icelandic Phallological Museum
Islande

Par Patricia Bérubé

The Icelandic Phallological Museum

Photo : Nicolas Billardon

Situé en plein cœur de la ville de Reykjavik, en Islande, le Musée National des Phallus détonne par rapport aux autres musées locaux plus classiques. En effet, plutôt que de présenter uniquement des objets d’art traditionnels, celui-ci comprend une collection inusitée d’organes génitaux appartenant majoritairement à des espèces de mammifères islandais. L’exposition permanente regroupe plus de 217 phallus, souvent conservés entiers dans le formol et provenant de mammifères marins ou terrestres. Fait cocasse, le musée a récemment ajouté un élément d’importance à sa collection : un pénis humain. Ce don, car il s’agit bien d’un don, a été fait à l’établissement suite au décès d’un homme de 95 ans ayant rempli un formulaire de promesse de don qui est disponible au musée. Enfin, le musée regroupe plus de 300 objets d’art relatifs au thème phallique.

The Icelandic Phallological Museum

Photo : Patricia Bérubé

Comme j’ai eu la chance de passer quelques jours en Islande dernièrement, j’en ai profité pour aller jeter un coup d’œil à ce musée hors de l’ordinaire. Au premier coup d’œil, ce qui frappe est la densité des éléments exposés. Les lieux, plutôt restreints, sont surchargés d’un nombre impressionnant de spécimens phalliques. Parmi ces derniers, le visiteur est stupéfait devant la présence imposante de phallus gigantesques. Certains de ces spécimens, appartenant à des espèces marines, étaient pratiquement plus hauts que moi! À l’opposé du spectre, on retrouve également des spécimens minuscules, appartement à des animaux aussi petits que des souris. Décidément, la variété surprend, et devant une telle abondance d’échantillons, on ne peut que se rabattre sur les cartels explicatifs qui accompagnent les objets en question afin de pouvoir identifier ceux-ci.

The Icelandic Phallological Museum

Photo : Nicolas Billardon

Lors de ma visite, j’ai été étonnée de remarquer que le propriétaire de l’établissement ait fait un petit clin d’œil au Québec. Les quelques touristes qui me précédaient n’ont guère compris cette allusion directe à notre belle province, tandis que je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire. En effet, au détour d’un tournant, dans une petite section recluse et faiblement éclairée, on retrouve deux cadres étonnants. Le premier représente une image tirée de l’émission Des kiwis et des hommes, diffusée sur les ondes de Radio-Canada, alors que le second est un gros plan d’une palourde royale. Vous l’aurez deviné, il s’agit de l’épisode mémorable, aujourd’hui entré dans la psychée collective du Québec, où le chef Tri Du cuisine le fameux mollusque. Mémorable est le mot juste, car ladite palourde royale, de par sa ressemblance frappante avec l’attribut masculin, a provoqué, pour notre plus grand bonheur, des crises de fou rire incontrôlables chez les animateurs et l’équipe de tournage. Si vous ignorez de quoi je parle, je vous invite fortement à visionner ce court extrait de l’émission. Il s’agit d’un incontournable pour votre culture personnelle.

Des kiwis et des hommes

Photo : Patricia Bérubé

À tout hasard, si vous vous retrouvez à Reykjiavik et que vous avez un peu de temps libre lors d’une journée pluvieuse, la visite du Musée National des Phallus saura vous redonner le sourire. La phallologie étant une science plutôt jeune, ce musée s’est rapidement doté d’une réputation mondiale et sa collection hétéroclite en vaut le détour.

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