Fabergé… Fameux Fabergé

Par Patricia Bérubé

Joaillier des tsars, Peter Carl Fabergé a rapidement compris l’importance du voyage dans son apprentissage. Son intérêt pour d’autres formes de culture lui permet de s’illustrer rapidement comme un des maîtres incontestés de son art. À mesure qu’il développe ses relations d’affaires avec la famille royale et à travers la révolution russe, Fabergé parvient à établir la maison Fabergé qui sera réputée mondialement. Bien qu’on assiste, avec l’arrivée de la Première Guerre Mondiale, à la fermeture de la maison Fabergé, celle-ci demeurera indubitablement liée à la dynastie des Romanov lors de la période précédant la chute de l’empire russe. Au fil des ans, sa réputation ne fera que croître et permettra au nom de Fabergé de devenir synonyme de qualité et de luxe.

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Photo : Patricia Bérubé

Une minutie et un talent incontestables

Regroupant de nombreux objets, cette exposition permet d’admirer diverses facettes du travail de Fabergé. En effet, on retrouve quelques-uns des fameux œufs réalisés dans le respect de la tradition des œufs de Pâques, de même que certains œufs miniatures utilisés comme pendentifs. Ceux-ci témoignent d’ailleurs de l’adaptation du travail de Fabergé, ce dernier cherchant à augmenter l’accessibilité de son art aux clientèles ayant moins de liberté financière que la famille des Romanov. Ces pièces de joaillerie étaient habituellement offertes à Pâques pour commémorer un moment marquant de la vie d’un être cher. Leur conception était donc particulièrement personnalisée, ce qui contribua sans aucun doute à la renommée et au succès de Fabergé. Outre les œufs, l’exposition comprend des pièces de service richement ornementées, des cadres ainsi que des faux Fabergé démontrant l’influence du joaillier sur ses pairs.

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Photo : Patricia Bérubé

Au-delà du talent, l’importance du réseau social demeure actuelle

L’histoire de Fabergé prouve, une fois de plus, à quel point les relations publiques occupent une place importante dans la carrière et le succès de certains artistes. En effet, si l’art de Fabergé n’avait pas été directement lié à la famille Romanov, on peut se demander si l’artiste aurait connu la même notoriété au sein de la société. Encore de nos jours, il peut parfois s’avérer difficile de percer dans le milieu de l’art sans posséder quelques bons contacts initialement. De plus, l’exposition connaît un vif succès et est très appréciée par le public.

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Photo : Patricia Bérubé

Coups de cœur

Les pièces maîtresses de l’exposition comprennent quelques œufs de Pâques et deux de ces œufs se démarquent des autres pièces. En effet, ceux-ci m’ont particulièrement plu, tant par la qualité de leur exécution que par la quantité et la taille minuscule des détails qu’ils dissimulent. J’étais très étonnée de voir ce qui était caché à l’intérieur de celui dit de Pierre le Grand et de l’œuf de Pâques dit du tsarévitch. Le premier renferme une réplique miniature, en or, représentant la statue de Pierre le Grand chevauchant sa monture. L’œuf du tsarévitch, quant à lui, contient un minuscule portrait du prince Alexis Nikolaïevitch (le fils de Nicolas II, tsar de Russie) à l’âge de huit ans, le tout peint à la main sur l’ivoire et recto verso.

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Photo : Patricia Bérubé

En somme, cette exposition vaut le détour puisqu’elle permet d’admirer quelques pièces originales habituellement inaccessibles à l’œil du public. L’art de Fabergé demeure intemporel, tout en se situant au croisement de la joaillerie et des arts décoratifs.

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