Complot 11 : repenser les schèmes

Par Catherine Lafranchise

Complot est une association, formée en majorité d’étudiants du domaine des arts, qui évolue dans la sphère artistique depuis maintenant onze ans. Lors de la précédente édition, Complot X, les membres avaient décidé de ne pas perpétrer le projet et de proclamer sa mort. Face à cette décision, une table ronde a été tenue avec d’anciens membres du projet et des acteurs du milieu artistique pour échanger sur le sort de Complot. Il en a résulté que le projet survivrait à cette mise à mort, mais se devait de se réinventer pour assurer sa pérennité. Ainsi, Complot 11 voyait le jour, composé de quinze membres.

Après un long processus de réflexion, qui s’est échelonné sur plus d’une année, l’association a abouti à une exposition finale intitulée Hors Zone. Les rôles des membres ont été repensés et le jumelage artiste/théoricien aboli pour laisser place à une structure plus souple et poreuse.

Nos chapeaux indivisibles, oeuvres de Vincent Brière.crédit Nicolas Martel

Nos chapeaux indivisibles, Vincent Brière, crédit photo : Nicolas Martel

Hors zone : à la recherche de son identité

Avec cette exposition, l’association a tenté de se sortir des barrières institutionnelles que s’étaient imposées les membres des précédentes éditions et de s’éloigner du confort des schèmes imposés par l’héritage de la structure du projet. Si, auparavant, l’exposition servait d’étape finale au projet, on la perçoit davantage comme étant un arrêt sur certaines pistes de réflexion qui ont habité les participants dans leur recherche d’une nouvelle identité pour Complot. D’ailleurs, on retrouve dans l’espace des bribes du manifeste qui font un clin d’œil évident à la pratique de Thomas Hirschhorn.

Vue de l'expo_crédit Nicolas Martel

Vue de l’exposition, crédit photo : Nicolas Martel

Aucune médiation n’accompagne les œuvres; celles-ci parlent d’elles-mêmes et font preuve du cheminement, des recherches et des cogitations de la nouvelle cohorte. L’espace est bâti de sorte à prolonger le questionnement de l’identité en laissant au visiteur un espace bibliothèque où se retrouvent les ouvrages et démarches d’artistes qui ont inspiré les comploteurs.

Questionner la banalité, repenser les habitudes

L’œuvre Glimpses of the Bride’s Domain de Sarah Ève Tousignant m’a particulièrement touchée. Dans cette performance vidéo, on retrouve trois jeunes femmes exécutant des gestes simples du quotidien, dans un cabinet de toilette. La performance est rythmée par le synchronisme des protagonistes, mais aussi par la simplicité du sujet et par son caractère quotidien. L’artiste remet en perspective la banalité et propose une réflexion sur nos zones de confort et sur ce que l’humain répète par habitude. L’œuvre est très inspirante et illustre à merveille les démarches de Complot 11 face à la réappropriation d’une identité et au redéploiement de sa structure.

complot_sarah_eve

Glimpses of the Bride’s Domain de Sarah Ève Tousignant (vidéo) 2014, crédit photo : Sarah Ève Tousignant

Avec Hors Zone, l’association tente de sortir des cadres préconçus qui avaient été perpétrés par le projet même. Force est de constater que le projet a changé depuis les dernières années et que les membres de Complot 11 ont relevé le défi qui leur avait été légué : repenser le schème de Complot pour que ce projet puisse perdurer.

www.projetcomplot.com

[1] Le manifeste de Complot 11 a été lancé le 12 avril dernier à la Galerie Lock, dans le cadre de l’événement EDIT Complot.

Publicités

Une réflexion sur “Complot 11 : repenser les schèmes

  1. Pingback: Glimpses of the Bride’s Domain | Sarah Eve Tousignant

Les commentaires sont fermés.