7e édition du festival Chromatic – L’expérience du sensible

Par Juliette Marzano-Poitras

Dans le cadre de sa 7e édition, le festival Chromatic promet une programmation multidisciplinaire de feu, alliant arts visuels et médiatiques, musique électronique, activités pour la famille et, pour la première fois, un volet professionnel au Centre Phi, alimenté de conférences et d’ateliers. Curieuse, je suis allée sonder le terrain au Hangar 16, lors de la soirée de prévernissage. Une ambiance festive était au rendez-vous.

Nouvelle aire, nouvelle ambiance
Si le belvédère du Mont-Royal était précédemment le lieu de prédilection du festival, c’est au Vieux-Port de Montréal que Chromatic a déployé cette année une exposition de plus de 80 artistes montréalais et torontois. L’espace dès lors doublé du Hangar 16 a ainsi permis à l’évènement de se déployer, s’augmentant même d’une terrasse extérieure au bord du fleuve où il est possible de boire une bière au soleil.

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Vue sur le corridor principal
© Juliette Marzano.

À travers son aspect industriel et brumeux, le vernissage s’est déroulé dans une ambiance décontractée. Sous les sons électroniques de plusieurs DJ, nous étions invités à explorer les divers espaces, dont la répartition était parfois étrangement choisie à l’égard de certaines oeuvres. Je pense notamment à l’aire de projections vidéo, qui n’arrive pas à rendre justice aux créations puisqu’elles s’y trouvent embarrassées des sons et des projecteurs de la scène de spectacles, située juste en arrière.

Ayant à coeur l’accessibilité de l’art, le festival présente au grand public un éventail de propositions artistiques novatrices au sens technologique et artistique. Ces dernières s’accompagnent de médiateurs culturels, à l’affut des questions et des incompréhensions.

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The Doodys, The Weighted Veil, 2016, techniques mixtes
© Juliette Marzano.

L’interactivité au coeur du festival
L’exposition est fondamentalement conçue pour interpeler nos sens. Alors que l’on est convié à s’abreuver d’excellents cocktails au bar, on se dirige vers des oeuvres visuelles, installatives, mais également performatives. Plusieurs requièrent ainsi notre participation.

Build and Prints, par exemple, du Collectif THTF, demande aux spectateurs de construire, à l’aide de morceaux de bois, une installation originale et personnalisée. À plus petite échelle, Retailles, de Par Hasard, est une sculpture mouvante dont les pièces amovibles peuvent être déplacées par les visiteurs. L’interactivité est également centrale dans l’installation Wabi, du collectif Mi18, où tous et toutes sont conviées à performer, devant leurs amis, un solo de thérémine, qui s’harmonise simultanément à des airs de musique disco.

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Mi18, Waby, 2016, installation numérique.
© Juliette Marzano.

Les organisateurs ont aussi invité OCNI Factory, un studio de design qui crée des structures collectives gastronomiques s’inspirant des saisons. Le thème du printemps offrait une expérience olfactive de fleurs d’oranger et de lavande, un environnement immersif sonore, de même que des bouchées de tapenade d’olives, de feuilles de basilic fraîches et de tomates séchées, le tout créant une véritable sensation de fraicheur.

Immersions et jeux d’optiques
Le festival est aussi une occasion en or pour découvrir des innovations numériques offrant des expériences exceptionnelles. L’une d’entre elles est sans aucun doute celle de l’artiste lyonnais Guillaume Marmin, invité pour l’occasion. Empruntant à l’hypnose et à la contemplation, son installation Hara brise les repères spatiaux des spectateurs, créant un voyage visuel et corporel inédit. Les projections lumineuses mêlées aux rythmes d’une musique effrénée propulsent les corps dans une véritable transe.

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Guillaume Marmin, Hara, 2016, vidéo, installation numérique.
© Juliette Marzano.

Autre coup de coeur, les oeuvres spatiosensorielles de Camille Jodoin-Eng : Fortress, Index et Hour Glass. Par un jeu de miroir et de lumière, ces sculptures déploient un espace infini et abstrait qui floue les perceptions visuelles.

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Camille Jodoin-Eng, Index, 2015, plastique, bois, matériaux électriques.
© Juliette Marzano.

En plus d’une exposition ralliant peintures, graphisme, sculptures et installations numériques, le festival Chromatic vous propose jusqu’au 22 mai des journées d’activités pour la famille, un Beer Garden extérieur pour vos 5@7, et même trois nuits de musiques électronique, indie et hip-hop, qui s’annoncent être enflammées. L’évènement est à ne pas manquer!

Chromatic,
Hangar 16, Vieux-Port
Du 19 au 22 mai 2016

En en-tête: Guillaume Marmin, Hara, 2016, vidéo, installation numérique. © Chromatic.

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