Birchmark, un hymne à l’imagination créative

Par Hanieh Ziaei

L’atelier d’art Métèque présente, du 25 octobre au 11 novembre 2018, l’exposition intitulée Birchmark de Peter Aitkens et de William Hosmer.

Peter Aitkens, Heading Home, acrylic on canvas, 32 x 42″, 2018.

Du peintre réaliste, Peter Aitkens, on passe à l’artiste imaginaire, William Hosmer. Une rencontre esthétique inédite et surprenante se forge ainsi à travers un dialogue introspectif du peintre sans aucune distinction des notions de temps et d’espace.

À travers le réalisme, la nature (re)devient la muse inconditionnelle du peintre. On parcourt les quatre saisons en se perdant dans le marasme de la forêt, pour finir par se retrouver au bord du lac silencieux. Une visite contemplative s’effectue lors de ce tête-à-tête entre l’homme et la terre. Cette marche à la fois physique et spirituelle sur les racines peu profondes des bouleaux est un prétexte pour renouer avec son environnement vital (eau, arbre, sève, écorce, lumière). Peter Aitkens amorce ce mouvement continu entre réalité spirituelle et réalité matérielle, joue avec l’ombre et la lumière, et ce sans rigidité face à la présentation du « réel », en prenant en considération le changement de la notion de réalité en fonction des contextes, des appartenances et des subjectivités plurielles.

William Hosmer, Back and Forth, acrylic and birchbark on plywood
60 x 45″, 2015.

Face au diktat du marché de l’art et du rejet élitiste de la part de certaines galeries, Peter Aitkens puisse dans sa sensibilité une force persistante et parvient à faire naître de son imagination esthétique, une création libre de toute considération mercantile : William Hosmer, artiste fictif qui ne cessera de peindre en permettant à son créateur, Peter Aitkens, de sortir du réalisme pour explorer d’autres avenues des possibles et des styles. La notion même de l’identité figée est ainsi remise en question puisque, dans cette vie, certains parviennent encore à se réinventer et à se redéfinir, en sortant des catégories esthétiques et des hiérarchies artistiques, en redonnant un espace à la singularité plurielle de l’individu-artiste. Birchmark n’est autre qu’une démonstration esthétique tangible que nos identités sociales, politiques et juridiques ne sont que des constructions culturelles éphémères.

Peter Aitkens, Autumn Parade, acrylic on canvas, 40 x 60″, 2018.

De cette plante pionnière qu’est le bouleau, Peter Aitkens en est le corps et William Hosmer en est l’esprit. Ces eux êtres finissent par ne former qu’« UN » multiple.

Birchmark
Jusqu’au 11 novembre 2018
Atelier d’art Métèque
5442, Chemin Côte Saint-Luc
Métro Villa-Maria
Mardi au dimanche de 12h à 17h

En bannière : William Hosmer, Teaching Colours to Sing, acrylic and birchbark on plywood, 34 x 75″, 2017.

 

HANIEH ZIAEI | RÉDACTRICE WEB

Dans le cadre de ses recherches en sociologie de l’art et de la culture, Hanieh Ziaei travaille sur le croisement et l’articulation entre l’art, la culture et la société avec un intérêt particulier porté à la question de la censure en arts, de la résistance créative des artistes et de l’expression artistique des artistes en exil. Elle s’intéresse au contre-pouvoir des artistes et aux dimensions politiques et sociales de l’art contemporain. De par sa triple culture aux carrefours de Montréal, Bruxelles et Téhéran, elle s’est engagée à rendre davantage visible les artistes dits de la diversité culturelle – avec une spécialisation sur la pratique des artistes iraniens. Elle est également chercheure en résidence à l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (OMAN) de la Chaire Raoul-Dandurand à l’UQÀM et membre du Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO) à Paris et du Centre d’Études de la Coopération Internationale et du Développement (CECID) de l’ULB à Bruxelles.

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